Vin et santé : la diète méditerranéenne et le « french paradox »

Publié le par Carpe Vinum

Quel est le secret de l’alimentation méditerranéenne ? Pour quelles raisons, selon les enquêtes épidémiologiques effectuées par l’OMS, les populations des bords de la Méditerranée sont beaucoup moins sujettes aux maladies cardio-vasculaires, aux cancers, à l’obésité, au diabète, à l’ostéoporose que les populations du nord de l’Europe ?

Cela réside essentiellement dans le fait que l’alimentation méditerranéenne est particulièrement riche en fruits et légumes, peu caloriques mais très riches en micro-nutriments. Cette notion de micro-nutriments englobe non seulement les vitamines, les oligo-éléments mais aussi les polyphénols, que l’on retrouve en particulier dans le vin.
Des études scientifiques démontrent que 60% des français ne mangent ni assez de fruits, ni assez de légumes. La consommation quotidienne de fruits et légumes permettrait de réduire de 50 à 60% les maladies cardiovasculaires et les risques de cancer, mais l’effet protecteur ne commence qu’à partir de 500 g de légumes par jour avec deux fruits.

En outre, l’alimentation méditerranéenne est composée de beaucoup de pain, de peu de viandes, de poisson assez fréquemment et de laitages et en matière de lipides, c’est le règne de l’huile d’olive.

le french paradox : Ne dit-on pas couramment : « buvons à notre santé » ?

Horley Saler, journaliste d’investigation très réputé aux Etats-Unis invite en 1991, lors de son émission télévisée « sixty minutes » sur CBS, le Dr Curtis Ellison, responsable des services de médecine préventive et d’épidémiologie de l’école de médecine de l’Université de Boston ainsi que le Pr Serge Renaud, responsable à l’époque de l’INSERM de Lyon.

Ces invités hautement qualifiés du point de vue scientifique expliquent pendant une heure de très grande écoute que les français, bien qu’ils mangent beaucoup et de manière assez riche et qu’ils ne soient pas de très gros sportifs, vivent en moyenne 2.5 ans de plus que les américains et présentent 40% de risques cardio-vasculaires en moins.

Ce paradoxe est expliqué par le fait que cette alimentation riche est régulée par une consommation modérée de vin, des graisses certes en quantité supérieure mais plus saines, une plus grande diversité dans l’alimentation et un style de vie plus favorable.
Etat la recherche scientifique : Les vertus des polyphénols

Les polyphénols sont des molécules spécifiques des végétaux. Tous les végétaux en contiennent des racines jusqu’aux fruits, ce qui assure la protection de la plante contre des agents pathogènes et contribue à la reproduction et à la survie de l’espèce.

Dans le vin, les polyphénols présents proviennent de la partie solide de la grappe de raisin (rafle, pépins, pellicules) et jouent un grand rôle sur les propriétés organoleptiques du produit car ils donnent du goût et de la couleur. L’originalité du vin, c’est de nous permettre d’absorber des polyphénols en quantité importante alors que tout autre aliment aussi riche en polyphénols serait rejeté car jugé trop astringent.

Après l’examen des résultas de différentes enquêtes épidémiologiques, il ressort que les polyphénols pourraient jouer un rôle protecteur et préventif dans plusieurs maladies lesquelles se caractérisent par une agression oxydante.

En fait les composés phénoliques du vin pourraient intervenir au niveau des maladies cardiovasculaires et des cancers par leur propriété antioxydante. Ils inhibent la péroxydation des lipides dans le plasma et l’oxydation des LDL ainsi que l’agrégation plaquettaire.

Les polyphénols agissent également contre les maladies neurodégénératives (de type Alzheimer) et un consommateur modéré pourrait ainsi réduire ses risques quasiment de moitié (0.8-0.9 pour les abstinents et buveurs légers contre 0.49 de risque relatif pour les consommateurs réguliers) d’être atteint des maladies dégénératives liée à l’âge
Dans le domaine de la cancérogenèse, ils peuvent avoir une action sur les trois phases principales : l’initiation (première phase de transformation cellulaire due à l’altération de l’ADN) grâce à une inhibition des enzymes d’activation des cancérogenèses et au piégeage des radicaux libres, la promotion (accroissement de l’apoptose, inhibition de l’activité des oncogènes) et enfin certains polyphénols agiraient au niveau de la propagation par induction de la différenciation des cellules cancéreuses. Le professeur Serge RENAUD affirme que la mortalité par cancer est réduite de 20% avec une consommation modérée de vin (jusqu’à 3 verres pour les hommes et 2 pour les femmes en moyenne) ; cela s’appliquant pour la majorité des cancers.

Bien que la richesse du vin en éléments très intéressants pour la santé soit quasiment démontrée, encore faut-il s’assurer de leur biodisponibilité. Il ne suffit pas qu’un aliment soit riche en fer (par exemple) pour que tout le fer qu’il contient soit assimilable par notre organisme. La recherche n’est pas encore formelle sur ce sujet ; les études en cours devraient apporter des éléments de réponses dans les années à venir.

Les professionnels du vin ont sans doute intérêt à favoriser la présence des polyphénols dans leur vin à double titre : d’une part, le produit serait bénéfique pour la santé du consommateur et d’autre part, la qualité organoleptique des vins serait enrichie.
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Publié dans VIN et SANTE

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